David Stawarczyk décroche un mandat de chercheur qualifié du FNRS à l’ULiège
David Stawarczyk, docteur en psychologie spécialisé en neurosciences, devient chercheur qualifié du F.R.S.-FNRS (Fonds National pour la Recherche Scientifique) au sein de l'unité de recherches PsyNCog (Faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l'éducation) à l’Université de Liège. Ses recherches portent sur le « mind wandering », le vagabondage de l’esprit.
L
e vagabondage de l’esprit se produit lorsque nous devons rester concentrés sur une tâche, mais que notre esprit s’égare. Nous nous mettons alors à penser à des choses qui ne sont pas directement liées à l’activité que nous réalisons, comme, par exemple, lorsqu’un étudiant se met à penser à sa sortie du week-end lors de l’écoute d’un cours ex-cathedra. David Stawarczyk étudie l’impact de ce phénomène sur les tâches que nous sommes en train de réaliser. Il se penche également sur le contenu de ces pensées. Le plus souvent, nous ne pensons pas à des choses passées ou fantaisistes, mais plutôt à des choses à venir que nous devons faire à très court terme, plus tard dans la journée ou le lendemain. Le vagabondage de l’esprit peut donc être utile, car il nous permet de planifier le futur.
Le projet de David Stawarczyk est également d’examiner dans quelle mesure certaines pensées sont mieux mémorisées que d’autres. Pour que les plans que nous imaginons lors de nos épisodes de vagabondage de l’esprit liés à nos activités futures puissent nous être utile, nous devons être capable de nous en souvenir au moment opportun. Si vous planifiez une partie de votre après-midi le matin en conduisant vers votre lieu de travail, il vous faudra être capable de vous souvenir du contenu ces pensées plus tard dans la journée pour guider vos actions lors de la gestion de votre emploi du temps.
David Stawarczyk utilise différentes techniques pour investiguer le vagabondage de l’esprit. La première est comportementale : des personnes effectuent une tâche informatisée généralement répétitive qui est interrompue à différents moments par une question. Celle-ci demande aux personnes si elles étaient concentrées sur leur exercice ou si elles pensaient à autre chose juste avant l’interruption. Si leur esprit était en train de vagabonder, les personnes décrivent le contenu de leur pensée. En demandant plus tard aux personnes de se rappeler un maximum des pensés qu’elles ont eu durant la tâche informatisée, cela permet à David Stawarczyk de comparer les caractéristiques des épisodes de vagabondage de l’esprit dont on se souvient par rapport à ceux qui sont oubliés. La deuxième technique est l’imagerie par résonnance magnétique, ou IRM. Cette technique de neuroimagerie de pointe permet de déterminer quelles sont les régions du cerveau que nous activons lorsque nous avons des pensées dont on se souvient.
« Le vagabondage de l’esprit représente une part significative de nos pensées au cours de la journée, aux alentours de 30 % de nos pensées », nous explique David Stawarczyk. « Mieux comprendre de quoi il s’agit peut nous aider à maximiser les aspects bénéfiques du vagabondage de l’esprit tout en diminuant ses facettes négatives. La méditation pleine conscience peut aider les gens à mieux contrôler leurs pensées. Ça peut être intéressant, non pas pour supprimer le vagabondage de l’esprit, mais pour réussir à se rendre compte avant qu’il ne soit trop tard que nous ne sommes plus concentrés sur notre tâche initiale. » De plus, il y a des marqueurs physiologiques qui permettent de détecter le moment où on commence à vagabonder en pensée. Le but est d’installer dans les voitures un dispositif qui permet de déceler quand le conducteur vagabonde en pensée. Il y aurait une alarme qui indiquerait aux gens qu’ils sont en train de se déconcentrer, ce qui pourrait éviter des accidents. À ce sujet, David Stawarczyk a déjà collaboré avec la spin-off de l’ULiège Phasya pour déterminer quels sont les paramètres oculaires qui permettent de déterminer la présence de vagabondage de l’esprit et de somnolence. Cette collaboration a déjà mené à la publication d’un article dans la revue Biological Psychology en 2020 et notre chercheur compte approfondir cet aspect plus pratique de ses recherches durant son mandat de chercheur qualifié.

* David Stawarczyk a été invité par les éditeurs de cet ouvrage à écrire un chapitre sur ses recherches. Stawarczyk, D. (2018). Phenomenological Properties of Mind-Wandering and Daydreaming: A Historical Overview and Functional Correlates. In K. R. C. Fox & K. Christoff (Eds.), The Oxford Handbook of Spontaneous Thought (pp. 193–214). Oxford University Press.
À propos de David Stawarczyk
David Stawarczyk poursuit tout son parcours universitaire à l’Université de Liège. Après avoir étudié la psychologie et la neuroscience, il réalise sa thèse de doctorat sur le vagabondage de l’esprit à l’ULiège lors d’un mandat d’aspirant FNRS. Il décroche ensuite un mandat de chargé de recherche, toujours au FNRS. Après cela, David Stawarczyk effectue un post-doc à la Washington University de Saint-Louis dans le Missouri. Il devient ensuite chercheur et chargé de cours à l’Université de la Ruhr en Allemagne. Finalement, en octobre 2022, David Stawarczyk obtient le mandat de chercheur qualifié du FNRS. « Je vais enfin pouvoir être stabilisé à Liège et pouvoir mettre en place des choses à plus long terme qu’un an ou deux. L’autre objectif est aussi de commencer à démarrer ma propre équipe en soumettant des bourses pour des doctorants ou éventuellement des post-doctorants. »
Un article rédigé par Lola Barnabé, stagiaire au Service de Communication de l'ULiège
